Hebdo – semaine 24, 2017

Le lundi, rien j’ai foui…


Le mardi, j’ai foui…

 Papillon

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Dustin Hoffman – McQueen et Hoffman dans un duo tragique et historique portant sur le bagne en Guyane Française. En d’autres termes, un sacré voyage touristique à la sauce américaine, ce qui signifie devoir accepter la chose comme elle vient telle n’importe quelle autre oeuvre étasunienne. Le fait que les Français y parlent anglais y compris. Et le jeu des deux acteurs a de quoi nous transporter si on ne craint pas les longs silences audio. Mais il faut savoir se remettre dans le contexte : en 1973, c’était une création réussie dans la lignée de bien d’autres dont Hoffman est un vecteur qui y a survécu. Il aurait fallu attendre une décennie pour avoir sous les yeux un scénario avec moins de blancs et une continuité temporelle plus pleine. En revanche, s’il y a bien des détails d’une médiocrité intemporelle, c’est la scène de tempête en mer par un grand ciel bleu, et le maquillage des lépreux qui tient du masque plus que d’autre chose.


Le mercredi, j’ai foui…

 Lost Highway

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David Lynch – Lynch, ou le refaçonneur de ce qu’on croyait intangible. En quelques coups de crayon sur les pages du scénario, il plante déjà les bases de la réforme la plus radicale de tous les genres à la fois. Quelle difficulté ensuite, pour l’artiste accompli qu’il est, d’assumer les différents rôles auxquels le générique témoigne qu’il a pris part (notamment dans le secteur musical), tout en mettant en scène ce théâtre bizarre, qui prouve entre autres choses qu’on peut prendre au cinéma d’horreur les scènes symptomatiques sans prendre le lot « symptômes et clichés » ? Autrement dit, sans s’y enfermer.

Pullman se reconvertit d’Independence Day à cette oeuvre fantasmagorique et complète, et ce sans dégâts. La confusion que le réalisateur veut instiller dans l’esprit du spectateur est telle qu’on a l’impression de voir deux films différents de part et d’autre du point de rupture, d’une manière si nette qu’on peut dire de celui qui ne le voit pas qu’il n’a pas compris le propos du film. Et il n’y a pas de doute que l’orchestration de ce disjointement a nécessité de Lynch qu’il se fasse un parfait schizophrène créatif. L’univers lent, rythmé par des ruptures de ton tapageuses, contrastent avec la deuxième partie qui se place en thriller harmonieux, plus conformiste, quoique dans un second degré enveloppé d’une musique enveloppante assez déroutants. Il y a un synonyme à l’ensemble de ces nombreux adjectifs : génial.


Le jeudi, rien j’ai foui…


Le vendredi, j’ai foui…

 Lisbonne Story

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Film en langue allemande – Wenders laisse cette fois le soin de philosopher à ses personnages, passant par le second degré plutôt que de faire une oeuvre qui parle par elle-même. On a de la sorte moins l’impression que c’est le dialoguiste qui parle et que le dialoguiste est Wenders. Il y a là un peu d’humilité, peut-être, mais pourtant ça n’en est pas moins une oeuvre engagée où il se plaint, ouvertement et sans complexe d’être reconnu chez ses protagonistes, de la commercialisation galopante du cinéma. Il déplore que les images ne racontent plus d’histoires, et il évoque ses regrets dans un style quasi-tout public et comique. Presque autant un auto-documentaire qu’une énième tentative de se moquer des langues du monde ou encore qu’un film, mais juste parfait tout de même, parce que l’innocence est le meilleur moyen de convaincre de sa foi en une chose, et la sienne dans le cinéma est frappante.


Le samedi, j’ai foui…

 Flashdance

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Film musical – Un classique qui ne fait pas vraiment honneur à la diversité musicale dans laquelle il aurait pu plonger. Il est bien fait et on comprendra aisément, même à 35 ans d’écart, pourquoi il est devenu culte, mais un certain minimalisme bien dissimulé est à l’oeuvre qui transforme le beau en mignon. L’oeuvre aurait sûrement fait très bon usage de 20 à 30 minutes supplémentaires en longueur, de quoi régler les trucs qui traînent dans l’histoire et en faire quelque chose de plus satisfaisant. Certains personnages sont carrément laissés pour compte ! Le scénario est relativement convenu, ce qui n’est pas grave en soi, mais la faible profondeur des rebondissements et le principe de la « flashdance » sur laquelle les danseuses, eh bien… dansent – sans jamais chanter même en playback -, font sonner le tout un peu comme une insulte non formulée aux artistes derrière tout ça. Surtout quand la star, révélation même, est doublée pour les scènes de danse…


Le dimanche, j’ai foui…

 Zone Rouge

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On part sur un bon film catastrophe à la française, un honneur hexagonal réussi à l’engouement qui secoue alors les USA sur ce thème. Il est dommage que la façon française ne se prête pas de manière exceptionnelle à la peur et à l’action, qui sont ici timidement représentés, et le scénario y fait des incartades qui ne sont du coup qu’à peine correctes. Mais il fallait oser le faire, et oser mettre de vrais noms sur les corporations fautives. Un thriller aisé à résoudre pour le spectateur mais une distraction qui fonctionne.

Hebdo – semaine 23, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Sous le signe du taureau

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star¾.svg300px-Star-.svg (1)300px-Star-.svg (1) Jean Gabin –  Pour en finir avec la charnière 1968 (il faut bien parler de ce qui est important), c’est avec ce film qu’un équilibre est retrouvé, faisant le compromis du vrai Gabin avec les temps qui changent. Et on ne saura trop souligner les avantages de cette prise de décision si on apprécie l’acteur ! Conclusion : 1968 aura pour lui été un creux de la vague dans la houle du cinéma.


 

Le mardi, j’ai foui…

spoil2

 Les Chiens de paille

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Dustin Hoffman –  Ooh, ils ont mis Dustin Hoffman dans l’ouest britannique, ce que ça va être gentil. Ou pas. Mais différent de tout, par contre, le film l’est sans souci. Mais d’abord, il va falloir s’ennuyer ferme, car on n’est qu’en 1971 et le plantage de décor prend une heure (ce n’est pas une expression). Puis on est plongé dans les relents du whisky chez ces locaux qui ne sont civilisés qu’au jour de leur propre justice, et ainsi est-on embarqué dans un tourbillon de plus en plus orageux d’ébriété sauvage, un cyclone dépourvu de raison dans l’oeil duquel ne règne nulle justesse. La finalité de ces gens va être le déchaînement de leur violence, sans probablement qu’ils sachent pourquoi eux-mêmes. Pour le spectateur, c’est un puissant sentiment d’injustice qui s’installe, remplacé ensuite par celui de l’irréel lorsque l’improbabilité cinématographique se produit au plus sombre de l’intrigue. Une improbabilité qui nous fait redescendre de ces sommets de frustration et qui ne sera pas sans rappeler aux lecteurs de Stephen King son modus operandi. Puis le générique arrive et on est laissé dans l’embarras : une justice oui, mais de quel ordre ? De l’amour oui, mais en quelles proportions ? Car le couple principal faisait ternir tous ces espoirs de perennité au premier coup d’oeil tant ils étaient dépareillés, mais si cela avait été voulu pour nous induire en erreur avec le stéréotype du couple cinématographique ? Un film violent et sans prétention, mais philosophiquement profond et qui vous fera passer des bons et des mauvais moments si vous n’y prêtez pas attention, les uns mêlés aux autres.


Le mercredi, j’ai foui…

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 Sailor et Lula

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star¾.svg300px-Star-.svg (1)David Lynch –  Fidèle à lui-même et toujours en véritable artiste, Lynch choisit cette fois de diluer le glauque qu’il affectionne. Tout comme il dilue les scènes dérangeantes et les scènes satisfaisantes et les faisant se superposer, s’alterner rapidement au travers d’un montage énergique, il voue une partie de l’intrigue à un pessimisme qui n’est ici pas que théorique – tant il est poussé et parachevé chez les personnages les plus tordus – et une autre à prouver que son talent n’a pas qu’un seul tranchant : il peut très bien réaliser une partie de film de manière vraiment très étrange, au point de faire déserter ses tous premiers publics lors des séances de test, et faire l’autre moitié de manière sensible et tendre. De plus Nicolas Cage et Laura Dern disaient vouloir se partager non pas leurs propres rôles, mais un rôle unique (celui du couple) et ça fonctionne.


 

Le jeudi, j’ai foui…

 Le Commissaire

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Film en langue italienne – On croirait presque ce film victime du syndrome de la trop bonne idée, qui veut qu’un artiste soudain inspiré délaisse le développement méthodique du contexte au profit de l’idée en elle-même, ce qui provoque des envolées de génie enveloppées dans de grandes couches de remplissage. Mais en même temps, on croirait que ce défaut a été compensé, comme si de grosses réécritures du scénario s’étaient avérées bénéfiques. Une analyse bien trop poussée à l’issue d’un simple visionnage, mais c’est réellement ce qu’on peut déceler dans cette oeuvre de vingt minutes trop longue, où tout rebondissement a le mensonge pour unique prétexte, et où la monotonie du texte du personnage principal jure avec l’énergie de l’acteur. Mais le résultat est trop mitigé pour être vraiment agréable.


Le vendredi, j’ai foui…

 La Chute des feuilles

allocineimdb300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg300px-Star-.svg (1)300px-Star-.svg (1) Film en langue géorgienne – Voilà bien un film qu’on gagne à voir entier. Car la première impression est très trompeuse : des plans de la Géorgie profonde, traditionnelle et toute contente d’être filmée, nous laisse croire à un documentaire sur la vie des campagnards. Mais ce n’est qu’une introduction, car on est bientôt transporté dans une communauté plus citadine et ouvrière où va doucement s’installer une intrigue plutôt cinématographique, quoique un peu trop lente. La musique est mauvaise, la diversité de ce qui nous est montré est nulle, mais au moins a-t-on sous les yeux un vrai film de cinéma qui nous invite cordialement à nous faire le spectateur des producteurs de vin. Il va falloir attendre encore pour réaliser la profondeur de tout ça : l’histoire qui nous est contée est morale sans être embarrassante, et c’est la représentation d’une leçon apportée à une jeunesse kolkhozienne, l’ensemble étant mis en scène par des gens qui, justement, savent ce que c’est de faire des scènes, un peu longues, techniques et pleines de sens à condition de considérer que le spectateur saura le voir.


 

Le samedi, j’ai foui…

 Embrasse-moi chérie

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Film musical – Sous les titres les plus moches se cachent les plus belles perles. C’est un principe logique qui peut être démontré et que ce film fait plus que démontrer. Peu importe que les décors du film soient aussi peu réalistes que ceux de la pièce de théâtre dont il est l’histoire. Tout se mélange de toute manière sur les ailes de ces acteurs aux noms moins grands que d’autres pourtant si à l’aise pour nous transporter dans ces beaux pays de l’art. Sur une note plus littérale, on ne peut s’empêcher de remarquer la propension de la régie à balancer des choses sur la caméra : feu, pieds, liquides, bananes… Une griffe, disons… particulière qui n’est que la partie émergée d’un iceberg de quiproquos magistraux et légers orchestrés avec un humour délectable.


Le dimanche, j’ai rien foui…

Hebdo – semaine 22, 2017

Le lundi, j’ai rien foui…


Le mardi, j’ai foui…

  Little Big Man

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Dustin Hoffman – La première impression n’est pas la bonne : pas très bien filmée, l’oeuvre ne nous ouvre pas une grande porte d’entrée. On doit alors se concentrer sur ce qu’elle semble vouloir être : l’histoire d’un Amérindien parmi les Visages Pâles, ou vice-versa, qui se prend trop peu au sérieux pour passer pour un western. Une sorte de charnière ? On verra donc plutôt une histoire de l’Amérique profonde et historique traitée avec bonhomie. Quand la cohérence de cet aspect est brisée, on peut toujours reporter son attention sur l’histoire dans toute sa grandeur, avec l’espoir que ce qui était déjà pas mal dépeint remplira la vie de 121 ans du personnage, puisque c’est l’âge qu’il atteint. Mais non, son âge importe peu, et ce qu’on voit de la vie de cet homme ne sera qu’un diaporama des Grandes Plaines, sans second degré. Ni le fond ni la forme ne sont à la hauteur, avec un prétexte d’intro et d’outro qui sonne beaucoup trop prétentieux et bâclé. Une chose intéressante reste toutefois à résoudre : où donc ont-ils déniché un sang aussi rouge ? Ils voulaient faire un film en noir et blanc, ou quoi ?


Le mercredi, j’ai foui…

   Blue Velvet

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David Lynch – Encore une fois, Lynch se sert de sa manière propre et très spéciale de faire des films pour tirer un gros avantage au mépris d’un très gros inconvénient. En clair : il prend un gentil scénario à l’américaine, la romance estudiantine, et le place dans un thriller néo-noir morbide et lent. En forçant l’optimisme à se faire une place dans une intrigue pourtant si toxique pour lui, il presse jusqu’à la dernière goutte d’art qu’on pouvait possiblement trouver là-dedans. Un résultat génial mais dur à supporter par sa lourdeur et le sentiment l’oppression qu’il dégage.


Le jeudi, j’ai rien foui…


Le vendredi, j’ai foui…

  Si loin, si proche

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Ah, que c’est beau de voir un artiste libre de toute attache commerciale, non corrompu par les tentations fâcheuses du gain. Si loin, si proche est une suite cinématographique dans les règles-mêmes de cet art, réunissant des personnalités sans considération pour leur compétence ; oui, il y a Peter Falk et Lou Reed en invités et Bruno Ganz tient le rôle de la star discrète, et alors ? Les figurants sonnent parfois si faux que la crédibilité de l’ensemble grince parfois, et alors ? Il n’y a pas de moins bons acteurs, ils sont tous égaux les uns aux autres parce que le postulat philosophique de l’oeuvre de Wim Wenders est déjà fortement porté sur l’antagonisme éternel du Bien et du Mal. Nier ce manichéisme basique dans la manière de le représenter, c’est là le génie du réalisateur. Dans la simplicité et la régularité.


Le samedi, j’ai foui…

 Le Chant du Missouri

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Film musical – Encore une fois beaucoup de dollars mis dans une épopée familiale aux rebondissements sans suspense. L’affiche résume mieux le film que ce que pourra écrire n’importe quel critique dont ce genre infiniment répété est la bête noire : « a glorious love story with music« , comme si la musique était une plus grande star encore que Judy Garland. Néanmoins, il est important de préciser que d’autres dimensions sont quand même montrées : le bonheur simple d’une famille à Saint-Louis, sa crainte de New York, et la façon dont l’autorité paternelle est contestée sont assez riches.


Le dimanche, j’ai foui…

 L'étrange Histoire de Benjamin Button

Hebdo – semaine 20, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Le Clan des Siciliens

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Jean Gabin – Ah, ça y est ! Gabin a franchi le cap soixante-huitard. Et comme on pouvait s’y attendre, ça fait drôle de le voir se pâvaner avec son ventre et son autorité dans les décors colorés des maisons d’alors. Tout n’est malheureusement pas question de décor : les acteurs désignés pour prendre sa succession s’en sortent déjà bien mieux, Delon en tête. Et hélas, tout fait penser très fort à l’âge avancé de Gabin. Son époque sera bientôt révolue et cela se sent. Et puis malgré les excuses que le réalisateur peut se ménager dans le succès emblématique qu’il fait surgir du néant avec Le Clan des Siciliens, il ne se sert pas moins de ses personnages que comme des pions. Non seulement il les place et les déplace avec un opportunisme qui nous sort un peu trop du réel, mais il s’en débarasse aussi avec pas mal de facilité. Exemple de choix : cette femme qui a perdu son mari, protagoniste important et en pleurs pendant cinq minutes, qui disparaît dès qu’on n’en a plus besoin. Cela fait désordre dans une oeuvre qui savait pourtant prendre son temps.


Le mardi, j’ai foui…

 Macadam Cowboy

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Dustin Hoffman – Ce film peut poser le problème suivant : d’un côté il ne transporte le spectateur en rien, par aucun des nombreux aspects qu’il traite pourtant : misère, amitié, naïveté, mélange de cultures, psychédélisme… Aucun de ces thèmes n’est doté de l’aura, du charme cinématographique qu’il mérite. Et cependant donc, d’un autre côté l’oeuvre ne répond pas aux sempiternels critères américains. Alors comment peut-on critiquer négativement des éléments précis d’un film qui fait tout pour se démarquer, sans perdre de la réussite des portraits qu’il effectue ? La réponse est simple : une telle critique est illégitime. On peut facilement ne pas aimer ce film, mais il est impossible de dire objectivement qu’il est mauvais.


Le mercredi, j’ai foui…

 Dune

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David Lynch Dune, en bon récit politico-SF, était un terreau de choix pour y semer une graine de David Lynch n’ayant encore fait ses preuves que dans le franchement étrange. Et il s’en serait bien dépatouillé s’il n’avait pas eu à faire usage d’effets spéciaux mitigés, de corrects quand il s’agit d’éléments importants comme les vers des sables, à médiocres en ce qui concerne les accessoires, comme ces affreux boucliers pour le combat au corps-à-corps. L’usage de la voif off est également un encombrement inégalé avant ce film et depuis. Mais heureusement, on s’y fait, tout comme au style de Lynch adapté à l’univers d’Arrakis, et s’il y a une chose franchement réussie et pas frustrante pour un sou si on y a déjà été sensibilisé, c’est la façon de gérer le temps qui passe sans rien négliger de l’intrigue complexe.


Le reste de la semaine, j’ai rien foui…

Hebdo – semaine 19, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Le Pacha

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Jean Gabin – Faire la concession complète à l’ère post-68, c’était prématuré pour l’année même dans l’idée de Lautner, ce qui ne l’empêche pas de truffer son oeuvre de références au peace and love. Ce qui se ressent par contre, c’est que la richesse en tout est telle que le duo Gabin/Audiard est effacé, largement mis en retrait au profit d’une bande son de Gainsbourg omniprésente et d’une histoire policière bien ficelée à l’ancienne, quoique agrémentée d’un on-ne-sait-quoi à l’arrière-goût d’une modernité menaçante.


Le mardi, j’ai foui…

 Le Lauréat

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Dustin Hoffman – Pour son premier rôle au grand écran, Hoffman va incarner un rôle déjà diversifié de jeune adulte confus doublé d’un romantique sans aucun sens des réalités. Un gentil fou attachant, ce que ne mettent malheureusement pas toujours en avant des dialogues rapidement sans issue : quelle utilité, sinon la temporisation, de faire répéter les personnages entre eux ? Mais la chose est au final un pamphlet agréable sur la perversité de l’esprit humain, qui de manière plus directe s’attaque au monde des parents sur fond musical de Simon and Garfunkel. Ah, 1967…


Le mercredi, j’ai foui…

 Elefantman

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David Lynch – Lynch fait cette fois de son attrait pour le sordide et les difformités un usage plus profond, réunissant Hopkins et John Hurt non pas pour leur talent d’acteurs mais pour leur présence, la touche humaine qu’ils vont apporter à cet ensemble dystopique en noir et blanc. C’est un régisseur du son, également, et il est frappant de voir la façon qu’il a de donner un sens glauque plus impressionnant que de nature à Londres rien qu’en jouant sur le silence. Un diaporama impeccable doublé d’une magnifique histoire sans plus de sentiment que l’amitié ou la tolérance.


Le jeudi, j’ai rien foui…


Le vendredi, j’ai foui…

 Jusqu'au bout du monde

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Il n’y a pas de trilogie de science-fiction plus difficile à comparer aux Star Wars originaux que celle-ci. Ne cherchez pas la métaphore, ça n’a simplement rien à voir du tout. Mais la monumentale création de Wenders mérite quand même qu’on la qualifie de meilleure. Par contre le titre comme la forme peuvent être pris au premier degré : avec des équipes de tournage disséminées dans de multiples pays, il a avant tout voulu faire de son film un imposant diaporama où la figuration des paysages français, américain, russe, japonais et australien ne sont que des exemples.

C’est un road-movie à l’échelle d’une planète, ce qui nous permet de l’inscrire dans une dimension graphique indéterminée mais en tout cas sans limites apparentes.

Jusqu’au bout du monde n’est en fait qu’un seul film, mais si long qu’on l’a découpé en une trilogie pour motifs commerciaux. Il ne suffit pas d’en dire que les magnifiques images ont pour toile de fond une histoire qui tient la route de manière révolutionnaire. Le vrai fond est bien minimaliste puisqu’il s’agit d’un certain satellite dont le crash imminent menace l’Homme de fin du monde. C’est ce discret fil rouge qui joue un rôle important au sein du film, lui permettant d’aquérir une cohésion faisant passer n’importe quel autre film pour une nouvelle quand lui est un roman. Il ne met de côté aucun sujet, passe au crible chaque idée et prend son temps pour la dérouler. C’est de là qu’il tire sa force à la fois en tant que drame, oeuvre de SF ou membre privilégié des films globe-trotter.

Wenders recherche la mixité en tout, ignorant la barrière de la culture ou celle de la langue ; toutes s’y mélangent dans une année 1999 dont il ne faut pas perdre de vue qu’elle était encore le futur au temps du tournage. Et c’est là que le réalisateur dévoile à quel point il était visionnaire : non content d’avoir discrètement glissé l’info comme quoi l’écu est la monnaie française et donc a fortiori européenne, il invente des objets qui sont moniteurs portatifs dont les personnages deviendront dépendants. Ils existent aujourd’hui pour de vrai ; beaucoup moins encombrants, on ne regarde pas nos rêves dessus, mais la justesse est surprenante.

On sort du film avec l’impression d’avoir contemplé une mosaïque de chapitres peu liés les uns aux autres si ce n’est par la patte du régisseur, où il a puérilisé la technologie avec poésie et humour et tellement fait tourner ses protagonistes en bourrique qu’on se sent proche d’eux, même aux antipodes.


Le samedi et le dimanche, j’ai rien foui…

Hebdo – semaine 18, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Raja

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Comment déverser de l’eau de rose dans la misère marocaine avec un objectif purement poétique. Tout va très bien dans ce sens, aucun problème là-dedans. Et le film joue plutôt bien sur les difficultés qu’il y a à communiquer entre le Français et les Marocains, même si les monologues incessants du premier le font un peu passer pour un extraverti malsain qui ne se formalise pas de se faire couper la parole à tous bouts de champ (car c’est tourné ainsi). On ne peut juger de la personnalité des gens car car l’histoire porte sur l’ambiguïté des sentiments malmenés par un intérêt omniprésent, mais il faut malheureusement trop de temps pour s’habituer au jeu contrasté des acteurs : le Français est bizarre, médiocre, et les Marocains très bons. Pas clair et trop difficile à apprécier.


Le mardi, j’ai foui…

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 Je m'appelle Elisabeth

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Pour ce film, le réalisateur a su restituer une beauté toute littéraire qu’on ne croirait pouvoir naître, justement, que dans un livre. Elle est en chaque chose, en chaque détail soigné. Et puis l’histoire ne s’abandonne presque pas au drame pur et simple, sacrifiant les endroits où cela aurait été justifié à une dimension plus rêveuse et enfantine. Un casting court mais solide nous guide sur un rythme étudié, plutôt lent mais d’une manière absolument le contraire d’ennuyeuse.


Le mercredi, j’ai foui…

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 L'Avocat

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Un drame équilibré très linéaire, à éviter les jours de déprime. Magimel s’y place comme figure de proue parfaite d’un barreau fictif et réaliste, un peu froid et distant rapport aux situations invivables qui vont se succéder pour lui mais parfait dans son rôle d’avocat. Il est démontré dans cette oeuvre qu’il n’y a pas plus de justice dans les tribunaux qu’avec la complicité étrange, ambiguë et malsaine qui s’installe entre les membres d’un milieu mafieux, et à quel point l’action véritable en justice tient à l’amoralité apparente. Mais il n’y a pas lieu de parler de happy end ou de ugly end, aussi regrettera-t-on que les premières images anticipent la fin sans raison.


Le jeudi, j’ai foui…

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Le vendredi, j’ai foui…

 Sans Identité

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Premiers deux tiers du film : Liam Neeson devait vraiment se sentir bien dans son rôle d’accidenté confus qui vient de perdre sa vie au sens figuré. En plus, les rebondissements conservent bien l’esprit d’ensemble. Dernier tiers du film : ah, finalement la seule scène d’action jusqu’ici en laissait présager d’autres. Drôle de dosage : trop peu pour assouvir ceux qui sont venus pour ça et déjà trop pour ceux qui se satisfaisaient au contraire de l’aspect psychologique. Et puis, l’ultime rebondissement finit par faire craquer le vernis : ce n’est rien d’autre qu’un thriller très américain avec une intrigue très premier degré, l’astuce consistant à faire en sorte que le spectateur ne s’en rende pas tout de suite compte. En plus, ils auraient pu éviter de consolider la suspension consentie de l’incrédulité à grands coups de sirènes de police, parce qu’on voit bien qu’ils n’en ont rien à faire que la moitié de la ville soit détruite.


Le samedi, j’ai foui…



Le dimanche, j’ai foui…

 Biutiful

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De longues scènes qui prennent leur temps. Quoi d’autre pourrait de toute manière offrir un drame de deux heures et demi ? Autant se préparer à une exploration approfondie du malheur et de la misère dans un cadre universalisé, ce qui suspend notre incrédulité de spectateur comme si le réalisateur avait réussi à faire fonctionner l’aberrante recette 100% de fiction plus 100% de drame réaliste. Les longues séquences n’effraient pas le régisseur, pas plus qu’elles ne l’empêchent de glisser plein d’informations par le biais d’une délicate suggestion ou de gestes fugaces. Une oeuvre térébrante qu’il vaut tout de même mieux aborder l’esprit léger.

Hebdo – semaine 17, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Le Soleil des Voyous

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Jean Gabin  – Ah, encore un chouilla et on aura atteint la complète transformation de 1968. Pour l’instant, il manque un an mais on peut déjà sentir un renouvellement certain, incomplet mais rafraîchissant. Finies les simples menaces entre caves en colère, on passe aux jeux de mains et les combats sont surprenamment bien orchestrés. On notera aussi la présence de bolides banalisés chez la police, qui n’en bénéficient en réalité que depuis un an. Au milieu de tout ça, Gabin se fait vieux mais il est toujours le même et il s’apprête assez bien à faire son entrée dans l’ère post-68 qu’il connaîtra peu.


Le mardi, j’ai foui…

pasdefilm


Le mercredi, j’ai foui…

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 Eraserhead

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David Lynch – Bon. Ce film a clairement une valeur d’enrichissement cinématographique équivalente à… mettons 100 fois Independence Day. On pourra difficilement avoir vécu voire rêvé quelque chose d’aussi bizarre que cette histoire. On ne pourra pas non plus être insensible à la vision graphique de la chose. Mais on apprécierait que l’intrigue, une fois analysée et approfondie, nous donne un résultat différent d’une simple description des images qu’on a pu voir. Cinq étoiles pour la créativité mais zéro pour le reste.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Certi Bambini

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Film en langue italienne – Il est difficile de dire si les réalisateurs voulaient dénoncer la mafia chez les mineurs, ou si ce sujet avait mérité leur attention pour une autre raison, mais ils l’ont bien fait et c’est le principal. Les acteurs sont géniaux, même s’il reste à en déplorer la possibilité d’une interprétation claire ou au moins sous-jacente, comme le confirme avant le générique une citation qui sert presque de mot d’excuse. Un peu linéaire dans son format.


Le vendredi, j’ai foui…

 Jusqu'au bout du monde

Une partie vue seulement ! La critique viendra plus tard.


Le samedi, j’ai foui…

 Sur les Ailes de la danse

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Film musical – On sera ravi de retrouver le légendaire duo Astaire/Rogers dans une nouvelle comédie dansée et romantique. Quoique pour la romance, ils ont un peu changé la recette et ce n’est pas aussi bon : trop de quiproquos, trop vite résolus en plus, et les rebondissements expéditifs maltraitent un peu la crédibilité de leur amour dont ils se plaignent pourtant à longueur de film de la fadeur. Une expérience malheureuse dans une lignée emblématique.


Le dimanche, j’ai foui…

 Tourments

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Film en langue espagnole – Avec « El », Buñuel prend le contrepied de la façon dont est habituellement représentée la justice au cinéma, par le biais d’un personnage dément qui ne sait justement plus juger de la valeur de la justice. Les avantages qui dans l’histoire sont donnés injustement au fou provoquent un sentiment de frustration qui prouve la réussite de l’oeuvre, mais qui par son vieillissement nous touche aujourd’hui plutôt de manière anxiogène. Le film a de toute évidence mal vieilli aussi du point de vue du jeu très lyrique du personnage, qu’on peut considérer comme du surjeu. Mais il faut savoir apprécier le fond sans le sortir de son contexte, et la forme présente également un curieux choix au niveau du flash back : déjà, l’utiliser était assez anachronique, mais il est en plus en plein milieu de l’histoire, de telle manière que ni on ne s’y attend, ni on le garde à l’esprit. Donc, en résumé : à considérer au-delà de son horrible aspect purement vieillot.