Guerre et Paix

Cette critique est classée comme détaillée, pourtant elle n’est pas née du même principe que les autres de ce type. D’habitude, j’en fais une lorsque le film m’a touché à un niveau que les commentaires superficiels ne reflètent pas. J’y pense donc un peu plus profondément et j’en parle sous le plus d’aspects possibles sans non plus écrire un roman.

Il serait archi-faux de dire que Guerre et Paix ne m’a pas « parlé » : c’est la plus grosse production soviétique de tous les temps, il dure 400 minutes et tout est à la hauteur des plus grandioses objectifs de ses créateurs. Mais le fait est que je n’en parle longuement que du fait même de cette grande longueur et de la richesse qui va avec. Dans ma conception d’une critique détaillée, je pourrais sans doute trouver quatre fois plus à en dire que ce que je vais faire en réalité.

Or donc, cette longue critique va être l’équivalent de quatre (grosses) critiques normales, reliées entre elles comme l’ont été les quatre chapitres de l’immense création de Serge Bondartchouk. Les commentaires seront donc ici rangés méthodiquement dans leur cohérence chronologique.

1

Le premier épisode a l’avantage de l’effet de surprise. Il met en scène en grande pompe des éléments fastueux qu’on croirait d’autant plus difficiles à faire en film du fait que l’oeuvre est soviétique. Communisme, étoussa.

Pourtant, il n’y avait peut-être pas mieux que les Soviétiques pour mettre en lumière cette bête évidence : quel meilleur film de guerre que celui où il y autant d’acteurs qu’il pouvait y avoir de soldats ? Cela a d’ailleurs été le principe du péplum, mais malheureusement, la masse humaine est généralement utilisée dans ce dernier genre comme un impressionnant troupeau de figurants. Dans Guerre et Paix, non seulement les masses sont agencées et organisées avec un réalisme militaire époustouflant, mais les efforts mis sur tous les aspects de l’oeuvre en font un personnage à part entière, avec tout le pouvoir conféré à la foule en général.

Les milliers de figurants sont l’expression la plus simple de l’énormité du film en entier, et la surprise réside en partie dans l’écoulement normal, paisible presque, de l’histoire derrière eux. Pour beaucoup, l’Histoire (avec un grand H, notez bien) est un ramassis de lignes abstraites sur des pages de livres divers qu’on a du mal à relier au réel, surtout puisque c’est un réel passé. Et le film nous rend justement ce lien concret, avec toute l’astuce de nous le mettre en introduction.

L’inconvénient inhérent à ce premier épisode est l’impossibilité, pour le spectateur, de tout saisir des sentiments lyriques qui culminent parfois dans une philosophie émotionnelle telle qu’on a du mal à faire la part entre le premier degré des combats et ces épanchements excessifs chez des personnages plus subtils.

2

C’est un contrecoup qui se produit au deuxième épisode : pris au paradoxe de sa propre longueur, le film fait apparaître sa seconde partie comme trop courte et ciblée, alors qu’elle ne fait que nous dévoiler la première alternance suggérée par le titre : guerre … paix.

Mais maintenant qu’on sait à quoi s’attendre, on peut aussi considérer la durée de l’oeuvre comme proportionnelle à l’exploit cinématographique : Bondartchouk, dont le potentiel d’acteur ne s’épanouira malheureusement que dans la dernière partie, nous démontre par sa réalisation qu’il peut tout filmer : intérieurs, extérieurs, bals, guerre et chasse n’en sont que des exemples marquants. Après tout, l’ensemble est déjà assez formidablement linéaire tel quel.

Les sentiments, toutefois, sont confirmés dans leur inaccessibilité au spectateur contemporain et occidental. Très forts et stéréotypés, lyriques toujours, on peut les résumer comme le support au talent des acteurs qui font plus que simplement assumer la responsabilité qui leur incombe d’en être les vecteurs ; ils les magnifient. L’histoire, par contre, souffre de l’absence de transitions entre le mielleux et le douloureux qui se succèdent sans toujours de limites à leurs extrêmes.

3

Peut-être la troisième partie marque-t-elle un délicat replat en prévision de la grande conclusion de la quatrième. Peut-être un léger accès de prudence aura été initié à l’idée que tout le projet avait fini par acquérir la fragilité d’un beau château de cartes en même temps que sa glorieuse aura de succès artistique monumental. Toujours est-il que le troisième épisode en question se « contente » d’étudier plus en détail l’aspect grandiose : il met la guerre en scène à grand fracas et gigantesques renforts de seconds rôles, se servant d’astuces plus étonnantes les unes que les autres pour simuler le spectateur dans son personnage de soldat ; oui, c’était de la réalité virtuelle.

Apparemment, les Russes avaient en leur possession, déjà à l’époque, des drones hightech pour faire des travellings épatants. Comment expliquer autrement, sinon par un génie hors de ce monde, que les scènes aient pu être tournées ainsi ? Rater certaines de ces prises devait coûter affreusement cher dans tous les sens du terme. On n’imagine pas la gestion titanesque qui devait assurer la cohésion des cohortes d’acteurs. Comment coupait-on une scène ? Comment dirigeait-on les armées littérales d’interprètes ?

Avec un peu d’imagination, on peut se figurer un immense mégaphone, seul moyen de signifier aux figurants que la scène est bonne et qu’ils peuvent se disperser… pour où, d’ailleurs ? Comment tous ces gens qu’on devine à peine dans un coin de l’écran s’imaginaient-ils le tournage plus intimistes de scènes différentes, avec les acteurs principaux entre eux, ou celui des longues et rêveuses scènes en avion dans les nuages ?

De plus l’épisode se trouve être une conclusion moins exagérément lyrique dans son jugement sans préjugés de Napoléon au regard de sa propre absence d’humanité.

4

Comme si Guerre et Paix n’avait pas encore trouvé sa niche filmique idéale, le quatrième épisode fournit effectivement une fin à toutes les échelles : il confirme l’extrême linéarité du tout, opérant une fusion géniale de tout ce qui restait d’hétérogène, soudant rétrospectivement toutes les parties ensemble. La façon qu’il a de touiller ce bouillon artistique, étroitement lié à la dimension du rêve, en mêlant l’acceptation de la mort à la fois comme un éveil et comme l’interruption quasiment contre-nature de la vie, donc de « tout », compense la manière trop historiquement cohérente (et par la même, matérialiste) que le film avait de dépeindre toutes ses horreurs.

La conclusion est dans la suite logique de tout ça, et elle est très courte : Guerre et Paix se voulait une création immensément complète et les Soviétiques ont simplement mis tous les moyens en oeuvre pour en faire une masse artistique aussi convaincante que géante.

Hebdo – semaine 15, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Le Tonnerre de Dieu

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Jean Gabin – Une histoire classique, qu’on a déjà vue visitée par un Gabin paternel, ambigu et généralement imbibé. Et si le léger antagonisme ici apporté par sa femme donne trop dans le maussade pour être honnête, le traitement du tout n’en reste pas mois touchant. C’est aussi un prétexte pas trop usé pour faire sortir de magnifiques tirades anarchistes au grand acteur.


Le mardi, j’ai foui…

 Les Cendres d'Angela

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Alan Parker – Cette fois-ci, le ratage commercial n’était pas seulement immérité, mais aussi difficilement explicable. Amendé de son incursion malheureuse dans le burlesque, Parker jette de nouveau son dévolu sur l’Irlande dans un genre nettement moins musical et bien moins authentique, en témoignent l’accent et la langue locaux pas du tout représentés. Mais là où la déconfiture ne se justifiait pas, c’est dans la façon du réalisateur de mettre la pauvreté sur pellicule. Un peu de maquillage pour la saleté, de bons décors bien lugubres et humides ; cela lui suffit pour recréer une alchimie réaliste qu’il prend tout son temps pour développer, en deux heures et demi très linéaires. On en sort avide de sentiments plus positifs, rendant presque grâce à la piété ambiguë de ces pauvres hères telle qu’elle régnait sur cette Irlande affamée, car c’est de là que jaillissait le plus de réconfort.


Le mercredi, j’ai foui…

 The Lady

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Luc Besson – Comme toujours, les films tellement fidèles à une histoire vraie partent avec un gros handicap parce qu’ils ont sacrifié une part originale de leur art à l’Histoire avec un grand H. Besson y remédie de deux façons distinctes : ayant clairement montré sa volonté de coller à l’histoire vraie, il a dû renoncer à toute fioriture filmique. On peut certes considérer que c’est regrettable mais c’est une remarque subjective. Et le fait est que malgré les horreurs dont on est faits témoins dans l’histoire, et malgré l’ambiance lourde, l’ensemble est accrocheur et on ne s’ennuie pas. Il est difficile également de parler des acteurs car chez eux se confond le talent et la personne réelle. Mais ce qui empêche de parler mal de l’oeuvre, cela reste d’avoir osé ce tournage où tous les faits sont récents alors que ce qu’il dénonce en Birmanie n’est pas réglé et que certaines personnes, le générique le dit en toutes lettres, se sont mises en danger pour le faire. Quelle que soit la base et quelles que soient les raisons de qualifier le film de documentaire très imaginatif, ça, c’est de l’art.


Le jeudi, j’ai foui…

 Caterina va en ville

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Film en langue italienne – On peut établir un étonnant parallèle culturel entre la France et l’Italie. En ce qui concerne l’année 2003 par exemple, la première s’ingéniait à produire de déprimantes élaborations du quotidien pour coller à la masse, tandis que la seconde faisait ce film exubérant pour coller à la masse aussi. La douce folie italienne est toujours intéressante, et surtout quand elle est mise en scène avec des dosages suffisamment subtils de jugement portés. Mais ce que ça peut aller vite ! Le nombre de scènes est exagérément grand, et celles qui durent un peu font montre d’un tel dynamisme qu’on a peine à suivre les dialogues qui sont – suprise – rapides aussi. L’énergie n’est pas vraiment un défaut, mais ce film en déborde et ce n’est pas forcément le meilleur moyen de dépeindre les contrastes de la jeunesse romaine.


Le vendredi, j’ai foui…

 Jusqu'au bout du monde

Une partie vue seulement ! La critique viendra plus tard.


Le samedi, j’ai foui…

 2012


Le dimanche, j’ai foui…

 Xenia

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Film en langue grecque  – On notera la coproduction ostensiblement franco-grecque. Un compromis financier qui conserve les intérêts de l’art héllène. Un drame occidental dans les normes et pourtant qui en sort à certaines occasions discrètes. La moins discrète, d’ailleurs, c’est le ton variable, pas complètement dramatique et toujours un peu optimiste alors même qu’on va très loin dans ce qui peut mal tourner. Il y a aussi cette façon amusante de découper l’histoire, d’amener dans certaines scènes quelques éléments qui n’ont rien à y faire et qui sont en plus encombrants dans une telle oeuvre filmée. Exemple : le téléphone pendant l’audition. Il y a un jeu de mots facile à faire ici, mais les deux ne font à première vue pas bon ménage. Pourtant, à son travers et au travers d’autres exemples du même genre, on amène un peu d’émotion. Fraternel, poétique mais réaliste, un mélange au final agréable.

Hebdo – semaine 14, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Monsieur

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Jean Gabin – Monsieur, c’est le rôle par excellence de Gabin où il va incarner sa polyvalence géniale : banquier, escroc, majordome, le tout manié ni plus ni moins par sa maîtrise d’acteur en tant que personnage ! Tout va y passer dans cette magnifique comédie pince-sans-rire que sa personnification d’un respect grinçant magnifie jusqu’au petit recoin sombre où se cache une référence difficilement accessible de nos jours. L’oeuvre faillit partout à tomber dans un panneau : quiproquo vaudevillesque, non ; dialogues pauvres, non ; scénario qui s’emmêle dans ses circonvolutions, non. Une perle.


Le mardi, j’ai foui…

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 Aux bons soins du Docteur Kellog

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Alan Parker – Quand Alan Parker se lance dans la comédie burlesque et « organique », le résultat n’est pas concluant du point de vue des petits bouts de papier vert, mais l’oeuvre a matière à passer à la postérité mal définie des films cultes. Ce n’est pourtant pas un navet, loin de là : Hopkins et Cusack sont domptés par l’âme étrange du film et participent à leur manière à son équilibre. Les tares de la chose se résument en fait à son humour très premier degré qui fait dire à la médecine – le thème principal – des mots très… simples. On regrettera aussi la multiplication des petits quiproquos non nécessaires ; sans doute cette création aurait montré tout son potentiel potache avec vingt minutes de moins.


Le mercredi, j’ai foui…

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 Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

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Luc Besson – Le personnage d’Adèle Blanc-Sec a visiblement servi de prétexte pour avant tout exporter la capitale française. Besson a filmé Paris comme personne, certes, lui conférant une aura fascinante d’années 1910 exacerbées par la passion très datée des gens pour l’Egypte, certes. Mais on peut presque voir une étiquette indiquant le prix de chaque scène. Et cette magnifique bande annonce touristique se révèle plutôt pauvre du point de vue des acteurs dont la personnalité se noie généralement dans un cahier des charges trop étroit et soucieux de coller à son époque.

Il faut compter sur les interprètes annexes pour porter convenablement l’âme de l’oeuvre, car ils constituent à eux tous une mosaïque rassurante et équilibrée. Autrement, les transitions se veulent ingénieuses mais fatiguent à force de vouloir trop relier intelligemment une scène à une autre. C’est sans compter sur une animation pas toujours tout à fait à la hauteur et l’histoire qui sombre dans un grand n’importe quoi où les sentiments passent comme des piétons pressés, même si de ce côté-là, il faut reconnaître que l’actrice principale assume très bien dans son jeu tous ces rebondissements.


Le jeudi, j’ai foui…

 Les Cent Pas

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Film en langue italienne – Il aura fallu encore des Italiens pour revisiter le genre du film historique (un hommage, à ce stade) pour faire disparaître à peu près totalement l’arrière-goût désagréable de ces films qui n’en sont jamais vraiment. Parce qu’ils ont repris leur propre histoire avec objectivité, sans revendication sous-jacente ni jugement ni reniement. À la fois le résultat est très filmique parce que les acteurs sont excellents, et à la fois l’hommage est réussi parce que, pour la même raison, les personnages sont fidèles à ce qui fut réel. Il suffit alors d’ajouter une musique pertinente et l’oeuvre est réussie.


Le vendredi, j’ai foui…

 Guerre et Paix

La critique est tellement longue que, sans être détaillée, elle sera publiée à part !


Le samedi, j’ai foui…

 Hercule

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Film musical – Il est aussi ennuyeux de voir que de parler d’un Disney, parce que le moule est toujours le même. Le manichéisme qui leur est cher a l’avantage d’être inhérent à la mythologie grecque qui est ici leur sujet, mais il y est exprimé comme d’habitude avec trop de premier degré. Créatif et rigolo oui, mais Disney est connu pour être régulier dans ces critères là. Pauvrement musical et plein de guimauve.


Le dimanche, j’ai foui…

revu

 Les Évadés

Hebdo – semaine 13, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 L'Âge ingrat

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Jean Gabin – Le terme de film familial est d’ordinaire utilisé du point de vue du public. Dans le cas de L’Âge ingrat, Grangier participe à faire du cinéma français un des plus riches au monde (en-dessous du podium tout de même) en mettant Fernandel et son fils dans leurs propres rôles familiaux ! Un résultat mystérieux et complet avec en prime des incursions plutôt réussies de Gabin dans la comédie bien qu’il ne sache visiblement pas toujours quoi en faire. Peut-être le sens moral de l’oeuvre était-il aussi un peu trop aiguisé ?…


Le mardi, j’ai foui…

 The Commitments

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Alan Parker – Les quelques films sans âme de Parker l’ont peut-être bien mené à son propre renouvellement car voici qu’il renoue avec la musique depuis le fantastique The Wall ; il va cette fois-ci directement puiser dans l’âme musicale de Dublin. Il y gagne à avoir passé une préproduction épuisante, car le résultat est vraiment réaliste jusqu’à la façon dont les choses tournent mal, et au point qu’on regrette que la carrière de Robert Arkins se soit quasiment arrêtée là. Un travail magnifique est fait au niveau des personnages, qui sont tous plus qu’attachants rapport à leur personnalité unique et marquée, et c’est sans doute ce qui provoque la chute progressive vers un n’importe quoi jubilatoire.


Le mercredi, j’ai foui…

 Arthur 3 : La Guerre des deux mondes

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Luc Besson – La série d’Arthur et les Minimoys restera une trilogie dans l’esprit des producteurs, et un seul film – le premier – dans celui du public. Le premier film était vraiment bien, mais déjà le deuxième opus était perdant commercialement et au niveau de son caractère propre aussi ; que le troisième ait encore moins bien marché faisait partie d’une suite logique. Dans un premier temps, la fracture entre le 1 et le 2, qui a souffert d’un gros changement d’équipe et du départ du duo Madonna / Bowie, n’augurait rien de bon. On peut accorder un bon point à La Guerre des deux mondes qui parvient malgré tout à rester debout grâce à son humour et à son imaginativité – les seules variables stables de la série, d’ailleurs. Mais pour le reste, le fil des éléments phares est complètement perdu : l’effet bouche-trou du deuxième n’est pas réitéré mais on a à la place une impression de n’importe quoi assez marquée.


Le jeudi, j’ai foui…

 

Le vendredi, j’ai foui…

 Guerre et Paix

Une partie vue seulement ! La critique est reportée d’une autre semaine.


Le samedi, j’ai foui…

 Xanadu

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Film musical – Le film est de longeur normale mais il paraît court. Et pourtant, il trouve la place qu’il faut pour caser une introduction qui n’est pas bâclée, ce qui permet une mise en place éclair de la magie douce qui émane de l’oeuvre. Il trouve aussi la place de mettre de tout, au sens artistique le plus large : de la peinture, de la musique pré-68, de la musique post-68, et une fabuleuse mise en parallèle des deux dont on a peine à croire qu’elle a douze ans de retard rapport à la réalité (le film étant de 1980) tellement Gene Kelly l’incarne avec humilité. Et pour finir la liste, il y a aussi dans le film de l’animation et de la romance. On peut regretter évidemment que certains aspects comme la mise en oeuvre réelle du club Xanadu ne soient pas explorés à fond, et on peut légitimement faire remarquer que l’intégration de la musique dans le flux filmique manque de superglu ; c’est presque un film musical, mais une dommageable effluve de petitesse le réduit à un film (un bon) avec une très bonne bande son.


Le dimanche, j’ai foui…

 Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire

Hebdo – semaine 12, 2017

Le lundi, j’ai foui…

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 Mélodie en sous-sol

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Jean Gabin – On aura peut-être du mal à rentrer dans ce long film de 118 minutes où les relations initiales entre les personnages sont parfois marquées de changements d’avis un peu étranges. Mais la lenteur devient ensuite l’outil qui révèle ce que l’oeuvre est vraiment : un précurseur de ces films d’aujourd’hui, généralement américains, mettant en scène avec force budget un processus criminel compliqué. Avec moins de prétention, un fascinant Ocean’s Eleven bien avant l’heure.


Le mardi, j’ai foui…

 Bienvenue au Paradis

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Alan Parker – Pour la deuxième fois consécutive, Parker faillit à donner une âme véritable à son oeuvre. Un carburant dont cette odyssée magnifique aurait bien besoin pour prétendre au rang de chef-d’oeuvre. Mais le pire semble passé avec Mississippi burning ; il serait très exagéré de dire que ce film n’a pas de souffle véritable, et carrément faux de dire qu’il ressemble à un épisode de série télé. Sa plus grande excuse restant quand même l’exploit d’avoir inséré une intrigue romantique et familiale débordante d’arguments sentimentaux dans un arrière-plan historique. Le réalisme, on le laisse à l’histoire au sens plus global ; la lumière est faite sur un épisode méconnu de la guerre qui n’est pas pour alimenter la gloire américaine : l’internement des Nippo-Américains à partir de 1942.


Le mercredi, j’ai foui…

 Arthur et la Revanche de Maltazard

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Luc Besson – Ah, nous revoilà plongés dans le joli univers de Besson qui défie le spectateur de qualifier encore l’animation d’un genre enfantin et bêtement rapide. D’autres créations comme l’emblématique Numéro 9 auront déjà donné tort à ce spectateur, mais lui le prouve à sa manière bien particulière. Parce que cette fois, c’est clair : il joue sur le rythme exprès pour faire monter le contraste animation / filmé et ça marche ! Malheureusement, on sent venir le revers de la médaille de cet opus au bout d’une demi-heure, le tiers du film, alors que l’histoire a à peine avancé. On s’attarde sur de longs passages pas très utiles. C’est agréable de prendre son temps car le décor est la Nature (dénaturalisée, mais la Nature quand même), et on en apprécie encore plus le rythme décalé… Mais tout le film n’est qu’une pâle transition vers un troisième film prometteur. On ne soupire pas d’ennui devant la Revanche de Maltazard, mais il ne faudrait pas qu’on ait retenu son souffle pour rien car voilà tous les espoirs déplacés sur La Guerre des Deux Mondes.


Le jeudi, j’ai foui…

 Cinema Paradiso

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Film en langue italienne – Un film si beau que les péripéties initiales le font passer, par trop-plein de richesse, pour un mélange raté de réalité historique et d’interprétation décalée des campagnes italiennes. Les enfants jurent et fument, chapeautés par une population adulte aux excès marqués où tout le monde est représenté, de l’ « idiot du village » à un prêtre ultra-traditionnaliste, en passant par le gentil projectionniste et les mères débordées, entre beaucoup d’autres. C’est un départ dépaysant mais en fait pas un ratage ; juste une bouillonnante amorce du propos général truffé de références, de passages cocasses et d’émotions, dont le déroulement n’obéit pas forcément aux critères du genre ; c’est pourtant une oeuvre italiennissime !


Le vendredi, j’ai foui…

Guerre et paix

Une partie vue seulement ! La critique viendra dans le prochain hebdo.


Le samedi, j’ai foui…

 Minority Report

Le dimanche, j’ai foui…

 Alps

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Film en langue grecque – Comment parler d’un film dont le but sans profondeur est de plonger le spectateur dans la confusion ? La griffe de Lanthimos est reconnaissable, ce qui prouve qu’il a un certain univers en tête et sait le mettre en image. Mais quant à sa penchant à ne jamais expliquer clairement l’intrigue et à laisser le spectateur se débrouiller avec ce qu’il a, ça dépasse le trait de caractère. Certes, c’est très bien joué, mais ce qu’il y a aussi de limite supportable, c’est la lenteur…

Hebdo – semaine 11, 2017

Désolé, c’est un peu vide…

Le lundi, j’ai foui…

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 Maigret voit rouge

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Jean Gabin – L’absence d’Audiard se fait ici nettement sentir, et on croit même pouvoir deviner que le dialoguiste remplaçant l’imite, quoique pas mal du tout si c’est effectivement le cas. Les limites de la chose se ressentent dans la répétition oisive des phrases fétiches de Maigret, comme si à force de les utiliser, on avait oublié tout autre moyen de préparer une scène d’interrogatoire. Le reste de la forme toutefois est tout à l’honneur de Grangier : joué avec une excellence rare en ce qui ne concerne pas les personnages policiers récurrents, il chosifie les gens avec une perfection toute médicale et judiciaire jubilatoire.


Le mardi, j’ai foui…


Le mercredi, j’ai foui…

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 Arthur et les Minimoys

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Luc Besson – Mal souvenu d’un visionnage d’enfance, ce film peut laisser croire qu’il va nous décevoir des années plus tard. Et ça démarre dans ce sens, avec un rythme fantastiquement élevé d’où on ne peut pas puiser chaque image et chaque ligne de texte sans pertes. L’animation fait quant à elle irruption avec insolence, malvenue dans cette vitesse trop grande. Mais à partir de là, tout se met en place ; on se laisse porter par le jeu des acteurs dans un monde très beau, où comme d’habitude avec Besson, tout ne se passe pas exactement selon les étroits critères scénaristiques américains, même si l’appel à la suite très explicite ouvre un champ des possibles pour s’occuper de ça plus tard. Le meilleur exemple peut-être de ce qu’on fait de mieux avec de l’animation accompagné de scènes filmées.


Le jeudi, j’ai foui…

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 Le Chemin de l'Esperance

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Film en langue italienne – Sans connaissance aiguë du contexte de tournage et sans idée de la valeur historique du film (qui est grande, soyons clair), on ne peut guère que contester les prix que l’oeuvre a reçus. Car il faudrait bien ça pour expliquer ce qui a pu séduire le jury chez ces acteurs dont le nombre est inversement proportionnel aux émotions exprimées. Les personnages sont d’une légèreté phénoménale, dont l’amertume se manifeste dans le mutisme et l’amour dans les cris de pamoison. La mort elle-même ne coûte que trente secondes de lamentations, tandis qu’un médecin miraculeux peut l’éloigner d’un coup de malette magique. Non, vraiment trop léger.


Le vendredi, j’ai foui…

 Guerre et Paix

Une partie vue seulement ! La critique viendra plus tard.


Le samedi, j’ai foui…

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Le dimanche, j’ai foui…

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Hebdo – semaine 10, 2017

Le lundi, j’ai foui…

 Un singe en hiver

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Jean Gabin  – La bonne forme d’Audiard est décidément un critère variable et primordial dans la qualité des films auxquels il participe. Cette fois-ci, il a caché de multiples pépites qui auront de quoi faire glousser régulièrement qui saisira la référence souvent datée (forcément). Cette oeuvre-ci est vraiment portée par ses mots, sans faire dans la demi-mesure pour constituer une apologie convaincante et poétique de l’ivresse ! La chose n’a rien de choquant dans un film de 1962, et pourtant Gabin y vante on ne peut plus clairement les effets psychotropes de l’alcool. La censure serait tellement prompte à se jeter sur un tel morceau de nos jours.


Le mardi, j’ai foui…

 Mississippi burning

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Alan Parker – Certains aspects de ce film laissent à penser que Parker perd un peu les pédales dans la veine du film policier. L’accent est mis sur le grand spectacle de la mini-guerre civile américaine portant sur la ségrégation raciale ; on ne lésine pas sur les effectifs policiers et le régisseur a bien su capturer l’ironie de la chose, avec en plus le bon point qu’il marque à vouloir mettre en scène une histoire fictive s’inspirant de – et s’inscrivant dans – une réalité historique. Mais aucun pilier de soutènement ne permet à l’âme de l’oeuvre de tenir le coup et le tout ressemble au final plus à une coquille vide de thriller, avec bien peu de choses dedans – typiquement  un épisode de série télé.


Le mercredi, j’ai foui…

 Angel-A

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Luc Besson – Il est certain qu’il aura fallu à beaucoup de gens cette collaboration Besson – Debbouze pour voir qu’en fait il peut être un si bon acteur. Ou peut-être cela ne tient-il toujours qu’à la direction ? En tout cas, un travail partagé inattendu ou l’acteur prend une place principale dans la continuité d’interprètes de toutes nationalités qui laissent imaginer l’honneur que cela a dû être pour lui. Le résultat est des plus méritants dans le secteur du romantique. Et ce qui propulse Debbouze à son panthéon personnel, c’est son ambivalence, son aptitude méconnue qu’il révèle ici à pouvoir bondir de son rôle volubile qu’on lui connaît bien à un jeu touchant qui s’accorde – oh surprise – à un scénario à l’américaine. Une nouvelle démonstration magistrale également de la beauté du noir et blanc ; à Paris en 2005, il fallait oser !


Le jeudi, j’ai foui…

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Le vendredi, j’ai foui…

 Le Retour

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Film en langue russe – Cette critique est une version 2.0 parce que le film donne à réfléchir bien après son visionnage, car il nous amène à penser à un sens plus profond des images qu’il nous donne à voir. C’est un voyage dans l’ineffable et immense Russie qui démontre encore que lorsqu’un cinéaste russe sait filmer son pays, c’est vraiment le meilleur endroit pour faire un road-movie. Il capture la nature et avec elle la poésie qui lui est inhérente, sans en rajouter par les facilités du cinéma, et mettant son oeuvre aux couleurs d’un climat capricieux qui se prête étonnamment bien au rythme de vie accéléré de ses personnages.

Quand à l’histoire en elle-même, elle sait par moments rester suffisamment dans son coin pour nous laisser nous apesentir sur la délicieuse humidité des paysages traversés. Et cela serait parfait si on nous laissait un temps proportionnel pour penser avec autant de recul aux évènements humains qui se trament. On pourrait peut-être alors saisir sur le coup combien les protagonistes ont du mérite à devoir se jeter sur la moindre miette de chaleur humaine.

Et peut-être, par un effet domino bénéfique, serions-nous ainsi capable de mesurer les promesses d’un dénouement heureux qui, selon toute logique conventionnelle, nous tend les bras. Peut-être enfin qu’une fois partis sur cette voie optimiste et résolument conciliatrice, on considérerait la mort du père à la hauteur de sa réelle soudaineté, de ses réelles implications, de son véritable pouvoir annihilateur d’espoirs. Tout le film n’est en fait qu’un décor esthétique, une mise en scène émotionnelle autant que magnifiquement graphique où la mort pourra éclore avec le plus de réalisme fulgurant. Pour avoir malgré tout accompli cette tâche, c’est un film exceptionnel.


Le samedi, j’ai foui…

 Une Etoile est née

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Film musical – Voilà, en l’espace d’un peu plus de deux heures, un exemple de ce qui se fait de mieux en matière d’adaptation. Cette troisième version devait passer de la pétillante frénésie des vieilles visions à la folie psychédélique post-hippie. Et pour opérer cette transition, quoi de mieux de ne plus parler de cinéma mais de musique ? Streisand interprète on ne peut mieux la naïveté d’une personnalité douce et sans prétention au carrefour des arts, quand Kris Kristofferson apporte son lot de folie douce, même si la nonchalance de son jeu le fait un peu oublier de figurer des sentiments hauts et clairs.


Le dimanche, j’ai foui…

 La Montée au Ciel

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Film en langue espagnole – Buñuel aura produit d’étonnants paradoxes : surréalisme épais qui pourtant fascine, style lourd qui pourtant perdure. Et sans avoir besoin de faire de tels binômes antagonistes, La Montée au Ciel concilie étrangement l’aspect documentaire qu’il a déjà plus brillamment exploré avec un reflet culturel mexicain imprégné tel qu’il était des prémices de tensions avec les USA, et avec un ambitieux projet scénaristique que les moyens seront loins de porter au pinâcle : les scènes en camion sont impressionnantes dans le cadre de leur réalisation – décors, miniatures, trucages – mais le résultat est une mosaïque allègrement mauvaise. Le monde du rêve est quant à lui toujours bien figuré, ce grâce à quoi le fond de la chose est diversifié et satisfaisant ; mais la forme, même remise à son époque, est médiocre.